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De l'utilité du Big Data pour l'assurance


Daniel Justens

La presse affirme parfois que l'accès à des bases de données de plus en plus grandes par les assureurs leur permettra bientôt de cibler parfaitement le risque de chaque client et de tarifer parfaitement chacun. Ce nouveau paradigme sonnerait même le glas des assurances ! Est-ce vraiment le cas ?


 

Le phénomène de collecte chaotique d’éléments divers, en nombre croissant, relativement aux entreprises, à la société et à chaque individu, est régulièrement commenté dans la presse. Le domaine de l’assurance n’a pas été épargné. Avec l’émergence du Big Data se développe en effet le mythe de l’assureur en mesure d’exploiter cette masse de données à haute valeur ajoutée, afin de déterminer en temps réel le comportement individuel de chaque assuré. Des segmentations à outrance permettraient une tarification strictement adaptée à chacun, satisfaisant le consommateur qui exige de payer « le » prix correspondant exactement à son niveau de risque. Le magazine Les Échos du 02/10/2014 affirmait d’ailleurs sans hésitation et sans vergogne : « Comment le Big Data va révolutionner l’assurance. » Le journal Le Monde, plus prudent, s’interrogeait le 22/11/2016 en titrant : « Le Big Data peut-il vraiment fixer les prix de l’assurance ? » Le monde académique, encore moins affirmatif, sous la plume de Jean-Pascal Gayant (La Tribune du 20/01/2015), utilise plutôt le mode conditionnel pour s’interroger sur l’avenir de la solidarité. Bref, il conviendrait de réinventer la mutualisation en tenant compte de l’émergence de modèles prédictifs à capacité d’anticipation quasi infaillible.
 

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