Abonnez-vous

IA : la finance et les marchés en raffolent !


Charles-Albert Lehalle

Le secteur financier ne fait pas partie des leaders en IA. Pourtant, l'un des mécanismes fondamentaux des réseaux de neurones (la descente de gradient stochastique) trouve un écho en finance de marché. Les banques commencent donc à importer des méthodes algorithmiques de calcul numérique.


L’intelligence artificielle se déclinant aujourd’hui dans de nombreux domaines, il est naturel d’envisager et de penser ses applications sur les marchés. Après tout, le secteur financier (banques, assurances, intermédiaires…) n’est-il pas, depuis longtemps, un des premiers « consommateurs » de ressources informatiques dans le monde ? On s’attendrait donc à ce qu’il soit l’un des pionniers du domaine.
Pourtant, il n’en est rien. Bien que les « top listes » des concours de machine learning ne contiennent plus seulement le nom d’universités, les entreprises qu’on y trouve s’appellent Google et Facebook, et non Goldman Sachs ou JP Morgan, qui sont pourtant deux des entreprises les plus innovantes du secteur.
Qu’est-ce qui peut expliquer cette anomalie ?

 

Protéger contre les risques


Pour bien comprendre pourquoi le secteur financier ne fait pas partie des leaders en IA, il faut d’abord prendre conscience qu’il s’agit d’un des secteurs les plus régulés. Comme les crises successives l’ont montré, il regroupe des activités dont le moindre dysfonctionnement peut impacter une grande partie de l’activité économique mondiale, et ainsi dégrader les conditions de vie de nombreux ménages. L’un des axes essentiels de la régulation vise à vérifier que les principales institutions (dites systémiques) de ... Lire la suite


références

Les enjeux de la recherche en intelligence artificielle. Yann LeCun, 2016, disponible en ligne.
Maths et finance. Bibliothèque Tangente 32, 2008.
Les mathématiques des assurances. Bibliothèque Tangente 57, 2016.
Évaluation des risques du système financier, juin 2018. Banque de France, 2018, disponible en ligne.