
« Or je ne sçay conter ni à get ny à plume », confesse Montaigne dans ses Essais en 1580. Il souligne ainsi en négatif que compter avec des jetons ou des chiffres écrits reste au XVIe siècle l’apanage de certains, notamment les commerçants, les savants, les comptables. Affirmée avec la Révolution française, la nécessité d’extension des capacités calculatoires accompagne l’évolution socio-économique. C’est ainsi que, dans son premier mémoire sur l’instruction publique (1791), Condorcet peut écrire que « l’homme qui sait les règles de l’arithmétique nécessaires dans l’usage de la vie, n’est pas dans la dépendance du savant qui possède au plus haut degré le génie des sciences mathématiques, et dont le talent lui sera d’une utilité très réelle, sans jamais le gêner dans la jouissance de ses droits ».
Mathématicien, philosophe et homme politique, Nicolas de Condorcet (1743-1794)
fut de ceux qui, lors de la Révolution française, proposèrent de réformer
le système éducatif pour y inclure davantage les classes populaires
et les enfants des deux sexes.
Déployée au cours du XIXe siècle, la compétence en calcul devient saillante dans le « lire, écrire, compter » de l’école obligatoire. Ce contexte associe le calcul mental à l’imagerie ... Lire la suite