Quand les mathématiques se font poésie

Édouard Thomas



La droite amoureuse du cercle

Didier Nordon
Hermann
2011
112 pages
24 €

Hermann vient de rééditer la Droite amoureuse du cercle (Autrement, 1997). Il s’agit d’un petit recueil inégal de courts textes poétiques (moins de dix pages chacun) pour la plupart inspirés par les mathématiques, comme l’auteur sait le faire. On songe parfois aux Euclidiennes d’Eugène Guillevic (Gallimard, 1985).

Parmi les plus réussis figure Spirales, histoire d’une vipère qui se tortille et croise qui un ver de terre, qui un tire-bouchon, qui un fil de fer barbelé, qui une queue de cochon. Les dessins sont hilarants. Voyelles en furie propose des textes écrits avec la contrainte toute oulipienne et pérecquienne de n’utiliser qu’une seule des cinq voyelles a, e, i, o, u. Délires raconte l’histoire de Papa Thétique et Mama Thétique (on devine les jeux de mots qu’ils suscitent). Le texte qui donne son titre à l’ouvrage doit son charme à ses dessins naïfs. Dans À cheval sur mon caméléon, pour découvrir la vraie couleur de cet animal, l’auteur propose d’en empiler un nombre infini, « pour les empêcher de prendre une couleur autre que la leur » (le caméléon prend la couleur de l’objet sur lequel il est posé). L’infini est d’ailleurs un thème récurrent.

L’ouvrage se termine sur une note d’humour noir, passant en revue différentes épitaphes, délirantes ou surréalistes car « tout décès est un pari risqué sur l’avenir ». Un exemple : « Si je décède de la maladie d’Alzheimer, je veux pour épitaphe : “Les années passent, le souvenir reste.” » Hélas, le prix de l’ouvrage fixé par l’éditeur est tout aussi délirant et surréaliste…



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