Pour pouvoir calculer de tête aussi bien que pour épater la galerie, certaines valeurs numériques doivent être connues par cœur. Les décimales de π en sont un exemple aussi important que délicat à retenir dans la mesure où ces décimales ne suivent pas de règle simple. Pour surmonter la difficulté, rien de tel que de faire appel à des alexandrins.

Le truc est très connu : en prenant le nombre de lettres de chacun des mots qui composent le poème qui suit, on obtient la liste des trente premières décimales du nombre π.

Que j’aime à faire apprendre un nombre utile aux sages !

Immortel Archimède, artiste ingénieur,

Qui de ton jugement peut priser la valeur ?

Pour moi ton problème eut de pareils avantages

 

Si le quatrain lui-même est célèbre, son auteur l’est beaucoup moins et son identité n’est pas facile à établir de façon claire. On cite parfois le nom d’Alphonse Rebière (1842-1900), un enseignant de mathématiques qui mentionne effectivement le quatrain dans un ouvrage de 1898. Rebière n’indique pas d’auteur, alors même que son ouvrage est pour une bonne part un recueil de citations.

 

Poème connu cherche auteur inconnu

Si Rebière ne mentionne pas d’auteur, ce n’est pas parce que le poème est de lui et qu’il ferait assaut de modestie mais sans doute parce que, déjà en son temps, ce moyen mnémotechnique pour les décimales de π devait être passé dans les connaissances communes, sans que l’on sache bien à qui en attribuer l’idée.

On trouve le poème dans un ouvrage de Gabriel Peignot, Le Livre des singularités, ... Lire la suite


références

- Mathématiques et mathématiciens : pensées et curiosités (3e édition), Alphonse Rebière, 1898.
- Le Livre des singularités, G. P. Philomneste [Gabriel Peignot], 1941.
- La Géométrie en vers techniques, Lyon des Roys, 1801.
- 

Notice sur la vie et les ouvrages de Gabriel Peignot, Paul Guillemot 
(lu à l’Académie de Dijon en 1852).
- http://www.cadaeic.net/index.html, le site internet de Michael Keith.

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